David Room : Pour Global Public Media, je suis avec Roscoe Bartlett, membre du congrès américain, ce 27 avril 2005. Ce soir vous allez prononcer votre troisième discours à ordre spécial au congrès, comment est-ce arrivé ?
Roscoe Bartlett : j'ai su depuis un certain nombre d'années qu'il y aurait une fin au pétrole de qualité, facilement disponible; Que les Etats-Unis en particuli er, et le monde en général, devaient se préparer à une transition. Bien sûr, nous l'avons en grande partie totalement ignoré. Ce n'est pas que nous ne l'ayons pas vu venir, parce que comme vous le savez, M. King Hubbert avait prévu en 1956, que nous atteindrions le niveau maximal de production aux Etats-Unis aux alentours de 1970. Nous l'avons atteint, juste comme prévu. En 1980 nous étions depuis dix ans sur la courbe descendante, produisant moins de pétrole que nous en avions produit en 1970. Avant 1985 nous savions tout à fait que M. King Hubbert avait vu juste sur les Etats-Unis. Il a prévu que le monde atteindrait un niveau maximal de production aux environs de l'an 2000 - ça a été un peu faussé du fait de l'embargo pétrolier arabe, des hausses du prix du pétrole et une récession mondiale (qu'il ne pouvait pas avoir prédit, bien sûr). Il est très probable que le monde est au maximum de la production de pétrole en ce moment même. Si vous reconnaissez le phénomène le jour où la production va sur son déclin , alors il est trop tard pour beaucoup de choses que vous auriez pu faire longtemps avant que ce pic de production ne soit atteint. Le monde en général et les Etats-Unis en particulier, ont gaspillé 25 ans que nous avions et n'avons plus, pour se préparer à une transition nécessaire.
DR : Dans quelle mesure pensez-vous que le déclin mondial du pétrole doit être une priorité de la politique américaine ?
RB : je pense qu'il doit conduire essentiellement toute notre politique. Vous devez admettre la réalité, qui est que la demande de pétrole va continuer d'augmenter encore plus que les années précédentes. Il est vraiment tout à fait tragique que le déclin mondial du pétrole survienne au moment où les géants du tiers monde jusque là en sommeil, que sont la Chine et l'Inde, se mettent à consommer de plus en plus de pétrole. L'année dernière, la Chine a consommé à peu près 25 % de pétrole en plus. Bien sûr, ils ne continueront pas toujours comme çà. Leur économie a augmenté de 10 % et qui sait combien de t emps ça durera. Il est raisonnable de supposer que si votre économie augmente de 10 % vous allez probablement avoir une augmentation de 10 % en énergie. Une croissance exponentielle de 10 % double en sept ans, elle est quatre fois plus grande en 14 ans et huit fois plus grande en 21 ans. Très peu de personnes comprennent la croissance exponentielle. Notre croissance tourne autour de 2 %, mais elle double en 35 ans et elle est 4 fois plus grande 70 ans après. Même çà c'est élevé. Mais une croissance de 10 %, c'est tout à fait incroyable. L'année dernière, la croissance mondiale a augmenté de 5 %.
DR : Vous avez mentionné M. King Hubbert et beaucoup de gens ignorent que, plus tard dans sa vie, il a dit que la science de l'énergie et de la terre était incompatible avec notre culture de croissance exponentielle et particulièrement avec un système monétaire basé sur l'endettement. Avez-vous un commentaire ?
RB : Je viens de passer environ une demi-heure aujourd'hui, à parler avec Colin Campbell, qui est en Angleterre. Il mentionnait les implications économiques bancaires du déclin pétrolier. Nous avons beaucoup augmenté nos fonds publics. Beaucoup plus rapidement qu'on devrait, mais çà va, parce que se sera couvert par la croissance future. Ce que font les banques c'est prêter cet argent 6 à 7 fois. Vous ne pouvez pas continuer à le faire si vous n'avez pas de croissance continue. En réalité, notre système financier est réglé sur une croissance obligatoire. Si nous n'avons pas de croissance continue, qui sait ce qui arrivera à ce système financier. L'année dernière la Chine, comme vous le savez probablement, était le deuxième plus grand importateur de pétrole dans le monde. Ils ont aujourd'hui dépassé le Japon et ils se rapprochent de nous. Ils ont un milliard trois cent millions d'habitants. J'ai entendu quelque chose qui m'a vraiment abasourdi - dans certains quartiers de Pékin, ils ont interdit les bicyclettes. Ce fut pendant longtemps la seule façon de se déplacer à Pékin, mais aujourd'hui ils ont tant de voitures que les bicyclettes dérangent. Vous pouvez utiliser votre propre jugement pour voir à quelle vitesse la demande pétrolière va augmenter en Chine.
DR : C'est étonnant. J'ai entendu dire qu'en Chine, ils ont une nouvelle subdivision qu'ils appellent Orange County (la province d'orange, en regard de celle, très riche, de Californie.) Pourriez-vous expliquer, à notre auditoire, comment fonctionnent ces discours à ordre spécial?
RB : Comme ils se font après, et ne concerne pas le travail législatif, ces discours s'appellent " à ordre spécial. " Deux possibilités pour faire un discours à ordre spécial : dans l'une on se lève et on parle cinq minutes. Sans dire d'obscénités ou trahir son pays ou quelque chose du genre, on peut dire ce que l'on veut. On peut aussi revendiquer soixante minutes de temps de parole. Le chef de file de chaque groupe a les premières soixante minutes. Parfois nous obtenons cette première heure parfois nous ne l'avons pas. Avec ce système, n'importe qui peut revendiquer soi xante minutes à ordre spécial. C'est très important, particulièrement pour la minorité. Je suis chanceux de ne pas être dans la minorité. C'est très important pour la minorité parce qu'ils n'ont pas d'autre façon d'adresser leur message. Cela a été beaucoup utilisé par les Républicains toutes ces années, quand les Démocrates étaient en fonction. Aujourd'hui c'est très important pour les Démocrates parce cela leur donne une occasion de diffuser leur message. Aujourd'hui ils n'ont pas la présidence et ils n'ont pas les sièges du comité. Cela leur donne une occasion de transmettre leur message. C'est un outil unique de communication avec le public. En moyenne, probablement, environ un million et demi de personnes l'écoutent à un moment donné (à la télé du congrès C-SPAN) Cet auditoire varie selon les jours. Quand nous l'utilisons plusieurs fois, nous ne parlons pas au même auditoire mais à des spectateurs différents. Avant j'étais enseignant, et je sais que la répétition est la base de l'étude. Cela ne m'ennuie pas de répéter. J'essaye de le faire d'une façon quelque peu différente pour que ce soit toujours nouveau et stimulant pour les gens qui écoutent. Même si le message de base est le même, j'utilise des schémas, des faits et une approche différente.
DR : Quelle est l'importance de parler du déclin mondial du pétrole au Congrès ?
RB : Nous essayons juste de faire passer le message, que nous avons probablement atteint le pic de production pétrolière, et que si nous ne répondons pas à ça très rapidement, la transition vers des sources d'énergie alternatives va être une route très cahoteuse, ça va être très douloureux. Qui sait quels genres de bouleversements géopolitiques nous aurons, suite au déclin mondial du pétrole. Le monde va voir les ressources pétrolières lentement diminuer d'année en année et dans quelques années on commencera à tomber de l'autre côté de la courbe d'Hubbert, alors la baisse de la production sera encore plus grande. Mais, pendant tout ce temps, nous avons cette croissance exponenti elle. Si elle est seulement de 2 %, quand vous tracez cette courbe vous voyez rapidement de combien sera la baisse. Que fera le monde quand la demande va augmenter et qu'il n'y aura pas de ressources disponibles pour la satisfaire ? Quelle menace pèsera sur notre système monétaire ? Quelle menace pour la stabilité internationale ? Avec quelle agressivité les pays vont-ils s'assurer leur fourniture suffisante en pétrole ? Par exemple, la Chine parcourt aujourd'hui le monde pour avoir du pétrole. Ils ont des contrats au Canada, au Venezuela, en Colombie, au Brésil, en Argentine, et bien sûr au Moyen-Orient et en Russie. Ils négocient en ce moment un contrat majeur avec la Russie. Dans l'extrême est de la Russie, ils ont beaucoup de pétrole et personne là-bas pour le consommer. Il est très difficile de le mettre sur des navires parce qu'il fait très froid. Un des moyens pour transporter ce pétrole, comme nous le faisons dans la Baie de Prudhoe, est d'utiliser un pipeline. Ils envisagent maintenant un pipeline qu i viendrait jusqu'en Chine, peut-être jusqu'à la péninsule coréenne. La Chine sait qu'elle va avoir une dépendance croissante au pétrole. Aujourd'hui Ils n'obtiennent pas seulement des contrats pétroliers, ils se procurent des fonds pour les aider à s'assurer que l'approvisionnement pétrolier soit disponible pour eux. Et parce qu'ils savent que nous avons la capacité, si nous le souhaitons, avec la seule marine océanique du monde, de stopper leur approvisionnement pétrolier, ils construisent maintenant (avec notre argent, parce que notre déficit commercial l'année dernière avec la Chine était de162 milliards de $), ils construisent avec frénésie une marine océanique pour s'assurer que le pétrole sera là pour leur croissance.
DR : Quand vous dites " une marine océanique " que voulez-vous dire au juste ?
RB : la marine océanique est une marine qui est capable de déplacements autour du globe pour se battre n'importe où, avec un adversaire. Beaucoup de pays ont une marine mais leurs marines sont conçues pour les protéger, ils n'ont aucune capacité de projection, ils ne pourraient pas venir ici et nous menacer. Nous sommes aujourd'hui, et après l'écroulement de l'Union soviétique, le seul pays dans le monde avec une marine océanique. Nous sommes aujourd'hui le seul pays qui a des sous-marins nucléaires patrouillant dans les océans. Les Russes ont toujours un peu de capacité soviétique, mais ils n'ont pas d'argent. En ce moment ils ont plus d'argent parce qu'il y a deux ou trois ans ils ont fixé leur économie sur un pétrole à 18 $, il était à 25 $ et aujourd'hui il est à 50 $ le baril. La Russie est inondée par de l'argent frais. Bien sûr, ils ont des gens très brillants, de très bons ingénieurs. Une statistique intéressante montre que nous produisons environ 70 000 ingénieurs par an, la Chine produit environ 200 000 ingénieurs par an et l'Inde produit 150 000 ingénieurs par an. En d'autres termes, l'Inde en produit deux fois plus que nous et la Chine trois fois plus. Bien sûr, leur capacité à utiliser ces ing énieurs, pour développer des biens de consommation ou des fournitures militaires pour leur armée, est dépendante de l'énergie.
Le pétrole est la source de tant de choses que nous faisons, c'est incroyable. Pas seulement pour rouler en voiture. Presque littéralement, l'alimentation que vous mangez, c'est du pétrole - il a fabriqué le tracteur, il a fait les pneus, il alimente le tracteur. Le gaz, qui vient toujours avec le pétrole (c'est une sorte de liquide volatil produit quand le pétrole a été pris au piège sous un dôme de roche), le gaz naturel est aujourd'hui la principale source d'engrais azoté. Il est en grande partie responsable de " la révolution verte " qui a permis la croissance de la population mondiale, qui est passée de moins d'un million de personnes à 6,5 milliards d'individus aujourd'hui. Nous faisons donc face à un réel défi - comment alimenterons-nous le monde entier avec l'épuisement du pétrole et du gaz ? Le gaz sera lui aussi épuisé quand le pétrole sera épuisé.
Nous avons une énorme industrie pétrochimique, pour laquelle le pétrole, et le gaz particulièrement, sont des sources d'alimentation très importantes. Nous devons en conserver un peu pour cette industrie pétrochimique. En fait, quelques personnes croient que le gaz particulièrement, et le pétrole un peu moins, a trop de valeur pour être brûlé. Nous vivons dans un monde de plastique; les herbicides et les engrais pour nos récoltes; les herbicides sont faits à base de pétrole, l'engrais azoté est fait à base de gaz naturel. Chaque calorie alimentaire que vous mangez si vous êtes dans ce pays (ce n'est pas tout à fait comme ça dans d'autres parties du monde), mais chaque calorie que vous mangez demande une dépense d'environ 10 calories venant des carburants fossiles, du pétrole principalement. Cela devra changer, çà ne doit pas être autant. Mon père a grandi dans un monde dans lequel il n'y avait pas une goutte de pétrole pour produire l'alimentation que nous mangions. Tout est venu de l'herbe qui a poussé sur les pâturages et a alimenté les chevaux qui ont labouré les champs. Nous utilisions très peu d'engrais, très peu. Nous faisions des rotations de récoltes, afin que les récoltes mettent du fertilisant dans le sol. Les légumineuses, la luzerne et le trèfle mettent de l'azote dans le sol. Après ça on plantait le maïs, juste pendant un an parce que ça épuisait à peu près tout l'azote, et on replantait de nouveau de l'herbe et des légumineuses pour refaire l'azote du sol. Il va y avoir une révolution dans l'agriculture, car nous faisons face à un monde dans lequel il n'y aura plus de réserves illimitées de pétrole et de gaz naturel.
DR : Vous avez fait prendre conscience de ce sujet au public, à vos collègues et au congrès dans ces discours à ordre spécial. Quelle a été la réponse ?
RB : Ce qui est très intéressant c'est que la plupart des personnes n'y ont jamais pensé, et honte à nos dirigeants qui ne l'ont pas dit aux Américains. Les Américains sont très responsables, ils sont prêts aux défis. Je ne sais pas pourquoi n os dirigeants ne l'ont jamais fait. Je crois le savoir un peu. Les patrons de l'industrie ont la plus grande difficulté à voir au-delà du prochain rapport trimestriel - ce n'est pas bon si leurs actions chutent, ni pour obtenir des fonds, et le conseil d'administration risque d'être mécontent d'eux. Les politiciens n'arrivent pas à voir au-delà de l'élection suivante. Le cycle le plus long que nous avons dans notre pays est de six ans, donc je devine que les gens qui avaient une occasion de tirer la sonnette d'alarme étaient les sénateurs parce qu'ils sont là depuis les deux dernières années et ils peuvent rester encore quatre ans. A la chambre, nous sommes élus tous les deux ans. Le Président est élu tous les quatre ans. Afin de dire aux Américains que nous devons avoir quelques restrictions dans l'avenir, que la vie ne va pas continuer tout à fait comme elle est aujourd'hui, parce que le pétrole n'est pas là pour toujours. Ce n'est pas une nouvelle joyeuse à annoncer. Je comprends pourquoi les politiciens n e veulent pas dire ça aux gens. Mais être un élu est une responsabilité. Quand j'ai brigué mon poste j'ai promis à mes électeurs, cela fait maintenant 14 ans, que j'essayerais d'être responsable, pour qu'ils ne viennent pas un jour cracher sur ma tombe à cause de ce que j'aurais fait à leur pays. Je pense que les élus ont la responsabilité d'être honnêtes avec le peuple, et nous essayons de le faire.
J'ai eu des réponses très intéressantes. Les gens qui n'en avaient jamais entendu parler me disent, un des membres du congrès m'a dit, " Quand je regardais CSPAN, la télé du congrès, je ne me rappelais jamais des discours à ordre spécial, mais quand vous êtes arrivé, j'ai vraiment écouté et je me rappelle de tout ce que vous avez dit." Un des leaders des conservateurs m'a dit qu'il a regardé un discours à 23h30, et qu'il a été fasciné par ce que j'ai dit. Et c'est l'un des leaders conservateurs. L'autre jour, un général trois étoiles qui était là dans le vestibule, n'avait jamais entendu parler du déclin mond ial du pétrole. Ce que nous essayons de faire c'est diffuser cette l'information - qu'il y a un phénomène de déclin mondial du pétrole; nous sommes probablement déjà dedans; si ce n'est pas maintenant c'est pour bientôt.
Le Président a dit aujourd'hui que la demande de pétrole excédait la capacité de production de pétrole. C'est une sorte de définition profane du pic pétrolier, c'est là où nous en sommes. Aujourd'hui le Président a fait un assez bon discours sur le pétrole. Il serait dur de réconcilier son discours avec notre projet de loi sur l'énergie parce qu'il n'a pas abordé les problèmes auxquels nous faisons face. Le projet de loi original proposait que 72 % de l'argent consacré à la recherche et au développement le soit pour les énergies renouvelables; le projet de loi que nous avons voté en avait 6 %. J'ai, bien sûr, voté contre ce projet de loi. Ce n'est pas ce que le Président voulait et c'était à un million de kilomètres de ce dont nous avons besoin pour aborder ce problème.
Si nous voulo ns passer à travers cette période de crise sans une terrible avalanche de souffrances, nous devons avoir l'équivalent d'un Projet Manhattan. Nous devons lancer un défi, non pas juste aux Américains, mais aux habitants de la planète, parce que la première chose que nous devons faire, doit être un effort énorme d'économie d'énergie afin de gagner du temps. Comme le Président l'a dit aujourd'hui, il n'y a pas assez de pétrole là-bas pour satisfaire les demandes que nous avons ici. Concrètement, nous devons réduire notre demande pour qu'il y ait un peu plus de pétrole pour satisfaire nos besoins. Non seulement nous devons satisfaire la demande de nos pays, mais nous devons avoir un excédent d'énergie pour investir dans les énergies renouvelables, c'est un investissement que nous devons faire. Si nous laissons juste le temps passer, nous allons faire face à un avenir très incertain avec des bouleversements très traumatisants. Nous aurions dû commencer il y a 25 ans, quand nous savions sans l'ombre d'un doute possi ble que Hubbert avait raison. Il a eu raison pour les Etats-Unis, pourquoi n'aurait-il pas vu juste pour le monde. Nous avons vraiment gaspillé 25 ans. Ca va être beaucoup plus difficile aujourd'hui que cela aurait été il y a 25 ans, mais ça sera toujours plus facile maintenant que ça sera l'année prochaine. L'ignorer, va rendre la situation de plus en plus douloureuse et coûteuse.
DR : Puis-je vous demander quelle a été la réponse de vos collègues du Congrès ?
RB : Ceux qui ont écouté ont été intrigués. Ils voulaient en savoir plus. C'est quelque chose auquel ils n'avaient même jamais pensé auparavant. La plupart des personnes pensaient, et je n'ai aucune idée d'où leur vient cette supposition, que le pétrole était illimité. Il est évidemment limité - il a été formé par la destruction d'organismes marins qui ont vécu il y a très longtemps. Les eaux les ont inondées et ont amené des sédiments sur eux. Avec le mouvement des plaques tectoniques ces parties ont coulé et, avec la pression, le temps et la température, ce matériau s'est converti en pétrole et en gaz. Cela ne se fait pas en un jour. Le plus approchant que nous avons, sont les marais de tourbe de l'Angleterre. Si nous les laissons là un bout de temps, ils étaient récoltés et brûlés et ça nous a donné du charbon. Mais ces processus se sont déroulés sur une très longue période et nous les exploitons évidemment beaucoup plus rapidement qu'ils ne se sont formés. Ces carburants fossiles ne vont jamais se renouveler, et de très loin, au rythme où nous les utilisons.
À ce propos, personne ne croit que le pétrole est un carburant fossile. Il y a quelques personnes que je connais, dont certains diraient qu'ils font partie des obscurantistes, mais il y a quelques personnes qui croient que le pétrole à une origine non biogénique (non produit par des organismes vivants) C'est théoriquement imaginable, je pense. Qu'il soit produit au fond des entrailles de la terre, là où il y a les éléments appropriés, la température appropriée du cœur en fusion de notr e terre et les réactions de ce milieu produisent le pétrole. C'est très populaire en Russie et en Ukraine et il y a les gens dans ces pays qui y croient. Ils disent que puisque c'est comme ça que le pétrole a été produit, il existe dans des lieux où nous n'avons jamais pensé à regarder et que quand nous regarderons dans ces endroits, nous trouverons plus de pétrole. J'espère que c'est exact, mais n'importe quel pétrole que nous trouvons aujourd'hui ne va pas nous servir avant au moins cinq ans, probablement dix ans.
Nous sommes au pic de production et s'il y a des découvertes, cela va simplement allonger ce plateau. Nous en aurons pour un peu plus longtemps et vivrons une sorte d'existence assez austère, avant de nous préparer à une diminution prévisible. Toute technologie qui augmente nos capacités à extraire les réserves de pétrole, signifie simplement que le pic de production arrivera plus tôt (s'il n'était déjà là, je pense qu'il est là aujourd'hui.) Cela signifie que le déclin va être encore plus rap ide. Nous ferions mieux d'espérer que nous ne trouverons pas de nouvelle technologie, pour que le pétrole présent dure un peu plus longtemps. Parce que, plus nous pourrons extraire de pétrole, plus vite il va disparaître.
DR : Que doivent faire en général les Américains, pour attirer l'attention de leurs élus sur cette problématique ?
RB : Ils doivent appeler leurs élus et leur demander s'ils connaissent ce pic de production pétrolière, ce déclin mondial du pétrole. S'ils n'en savent rien, connectez-vous s'il vous plaît à tout site qui parle du pic de production pétrolière. Ils peuvent se connecter à notre site Web (www.bartlett.house.gov). Les discours que nous avons donnés y sont, et je pense qu'il y a des liens vers d'autres infos. Il y a le site www.lifeaftertheoilcrash.net, sur le pic de production où il y a un tas d'informations. Jusqu'à très récemment, avant que le pétrole ne monte à 50 $ le baril, tous les gens qui étaient concernés par ce sujet (tous, il n'y en avait pas beaucoup dans le monde), ét aient regardés comme des fous parce que nous n'arrêtons pas de pomper du pétrole. Nous utilisons 21 millions de barils par jour. Le reste du monde utilise 63 millions de barils par jour. Nous en sommes à 84 millions de barils de pétrole pompés par jour et ça ne va probablement pas continuer à ce rythme.
Les gens qui ont d'autres intérêts observent que nous avons probablement atteint un pic de production. J'étais à un petit déjeuner ici, il y a quelques semaines, avec Peter Brooks de la Fondation Héritage (Heritage Foundation). Il parlait de l'économie, il ne parlait même pas du pétrole ou de l'énergie. Il a mentionné que tous les pays producteurs de pétrole, à l'exception probablement de l'Arabie Saoudite, avaient atteint un niveau maximal dans leur production de pétrole. Je parlais aujourd'hui avec le Président du Comité des Transports, Tom Huan. Tom a noté qu'aujourd'hui l'Arabie Saoudite n'a pas promis au Président de produire plus de pétrole. Don dit que ce qu'ils ont effectivement dit au Président ét ait " eh bien!, M. le Président, nous sommes désolés, nous ne pouvons pas pomper plus de pétrole. " Il croit qu'ils ont atteint le pic de production pétrolière. Aujourd'hui les gens constatent que nous avons probablement atteint le niveau maximal de production pétrolière mais très peu de personnes font la connexion entre ça et les conséquences de ce pic de production - où nous avons des ressources en pétrole quelque peu constantes mais qui diminuent lentement avec une grande augmentation de la demande en pétrole. Qu'est ce qui va arriver ? Cela a déjà fait passer le baril à plus de 50 $. Qu'en sera t-il en termes de stabilité géopolitique ? Que fera la Chine pour s'assurer d'avoir son pétrole ? Que ferons-nous quand nous reconnaîtrons le phénomène ? Nous représentons 1 personne sur 22 dans le monde et nous utilisons un quart du pétrole mondial. Aujourd'hui, on ne nous aime pas dans le monde entier, mais qu'en sera t-il quand le monde prendra finalement conscience du fait que pendant toutes ces années nous éti ons au pic de production du pétrole, sans nous soucier de sa disparition. Une personne sur 22 a utilisé 25 % de tout le pétrole mondial, refusant à d'autres pays l'occasion de faire ce que nous avons fait, de s'industrialiser pour améliorer la qualité de vie de leurs peuples. Qui sait ce que seront les conséquences géopolitiques de cette reconnaissance ?
C'est une des raisons pour lesquelles nous devons être leader dans ce domaine. Nous devons aller de l'avant. Nous devons avoir des mesures d'économies très fortes. Nous devons produire des voitures plus petites qui consomment moins au kilomètre, pas des 4X4 tout terrains qui consomment de plus en plus chaque année. Nous devons nous concentrer sur le transport collectif. Si vous prenez votre voiture, vous devez transporter quelqu'un d'autre avec vous. En fait, je ne serais pas contre une imposition, comme contribution patriotique à l'effort d'économie d'énergie du pays, pour les gens qui ne transportent pas de passager. Chacun doit prendre une personne d ans sa voiture. Si nous avions deux personnes dans chaque voiture, nous utiliserions environ la moitié du pétrole que nous utilisons aujourd'hui, qui est 70 % de tout le pétrole importé à être utilisé dans les transports, une grande partie de ceci pour le transport personnel.
DR : Dites-moi quels sont vos projets futurs, je sais qu'en ce moment vous vous concentrez sur l'éducation. Qu'allez-vous faire ensuite ?
RB : Nous allons principalement nous concentrer sur l'éducation. Je suis au sous-comité pour l'énergie du comité des sciences, et nous sommes en charge de la recherche et du développement. Nous sommes ceux, bien sûr, qui établissent la législation sur ce qui doit être fait pour contribuer à cet effort de transformation vers les énergies renouvelables. À ce propos, il y a quelques sources d'énergie non-renouvelables que nous devons exploiter. Nous devons exploiter les sables bitumeux, si c'est économiquement faisable, les schistes argileux pétroliers et le charbon. Concernant nos 500 ans de rés erves fabuleuses de charbon, ce n'est pas exact. Au mieux nous en avons pour 200 ans, au rythme actuel d'utilisation. Si nous en consommons encore plus par besoin, cela diminue rapidement à 50 ans environ. Ainsi, il y a très peu ou plus de charbon, autant qu'il y a de pétrole là-bas, en réalité. Il va être utilisé avec un inconvénient économique considérable, au détriment de l'environnement ou une combinaison des deux...et il y a le nucléaire.
Nous tirons aujourd'hui 20 % de notre électricité du nucléaire, la France en tire 80 %. Mais si nous nous dirigeons vers nucléaire à grande échelle, nous aurons besoin des surrégénérateurs, parce que le monde a aussi une réserve limitée d'uranium fissible. J'espère que nous irons vers la fusion. Si nous allons vers la fusion alors nous serons énergétiquement indépendants et le monde vivra heureux pour toujours, avec de l'énergie abondante. Mais, je pense que les chances d'y arriver sont assez faibles, aussi faibles que si vous comptiez sur moi pour gagner à la loter ie afin de résoudre nos problèmes économiques. Ce serait sympa, mais il est peu probable que ça arrive. Nous devons répondre à toutes ces choses. Nous devons impliquer les Américains. Les gens doivent faire des efforts afin d'économiser.
Nous avons besoin d'une nouvelle mesure pour juger du succès. Aujourd'hui, on juge le succès d'après la quantité d'énergie utilisée. Les personnes qui ont du succès ont une très grosse voiture; ils prennent des vacances très chères; ils ont une très grande maison. Aujourd'hui nous devons avoir une autre échelle avec laquelle nous mesurons le succès, parce que le succès ne peut pas continuer de se mesurer à la quantité d'énergie que nous utilisons, vous ne pensez-pas ?
DR : Je pense que vous avez absolument raison. Cela ressemble à ce que Hubbert disait quand il parlait de " la culture à croissance exponentielle ".
RB : Nous pensons simplement que ça va toujours durer. Nous pensons que Dieu nous a donné le droit d'avoir cette qualité de vie, d'utiliser tout ça. J 'ai des amis qui croient que le marché va résoudre le problème, ils le croient vraiment.
DR : Je le pense aussi. Et beaucoup d'entre eux ont fait des écoles de commerce, c'est très intéressant.
RB : S'il au moins il y avait une autre source d'énergie inépuisable, ou du moins aussi abondante, pour remplacer le pétrole, mais il n'y en a aucune. Nous sommes passés du bois au charbon et du charbon au pétrole et à chaque fois nous sommes allés vers un carburant de densité plus élevée, de meilleure qualité. Qu'est-ce qui reste aujourd'hui ? La seule chose imaginable est le nucléaire, avec tous les problèmes qui sont liés à ça. Nous pouvons décider de traiter certains de ces problèmes parce que nous avons vraiment besoin d'énergie. Une fois que vous avez de l'électricité, vous pouvez faire beaucoup de choses avec l'électricité. Vous pouvez utiliser l'eau pour faire de l'hydrogène. Vous pouvez le mettre dans votre voiture. Vous ne pouvez pas mettre le réacteur nucléaire dans votre voiture mais vous pouvez cer tainement mettre de l'eau dedans, produite par le nucléaire. Et le nucléaire est non polluant si vous êtes capables d'en manipuler les déchets. L'hydrogène que vous utilisez pour votre voiture est non polluant et je pense que nous devons regarder vers le nucléaire. J'ai des amis qui étaient très opposés au nucléaire et avec cet avenir incertain en énergie, ils portent maintenant un regard nouveau à ces réacteurs nucléaires. Je pense que nous devons le faire. Comme je l'ai mentionné, la France obtient 80 % de son électricité du nucléaire; nous en tirons 20 %. Au fait, nous ne lançons plus de nouvelle usine et bientôt nous irons vers le zéro absolu. Quand vous conduirez ce soir, considérez chaque cinquième maison et chaque cinquième commerce comme éteints si nous n'avons pas d'électricité venant du nucléaire.
DR : Puis-je vous demander quelles recommandations vous pouvez donner aux élus municipaux en ce qui concerne le déclin pétrolier et aussi sur le développement d'un plan de transition?
RB : je pen se que l'information qu'un écrivain donne aux individus est aussi valable pour les communautés. Débranchez-vous du réseau. Soyez le plus énergétiquement indépendant que possible. Ils peuvent le faire avec des éoliennes, du solaire et ainsi de suite, avec une production de puissance distribuée, il y a de tas d'occasions de le faire. Arrêtez l'endettement. Si nous en venons à une crise financière, nos municipalités aussi bien que les gens, iront beaucoup mieux s'ils n'ont pas de dette énorme. Faites des investissements - économies, efficacité...Nous sommes vraiment bons sur le plan de l'efficacité. Votre réfrigérateur produit aujourd'hui environ moitié moins qu'il y a 20 ou 30 ans. Nous pouvons faire des voitures...je conduis une petite Toyota Prius. Je fais 5,30 litres aux 100 kilomètres, en roulant bien. Ma femme aime être à un feu de signalisation à coté d'une grosse voiture parce qu'elle peut, presque toujours, partir avant elle (ça vient du très grand couple qu'un moteur électrique a, comparé à un moteur à essence). On obtient une très bonne performance en faisant plus de kilomètres et avec le dixième de la pollution occasionnée par les voitures de même classe.
DR : Maintenant que vous parlez des transports...il semble que le transport deviendra beaucoup plus cher, particulièrement l'air et la route. Que pensez-vous de reconstruire l 'économie locale pour que nous fassions beaucoup plus des choses dont nous avons besoin localement ?
RB : l'alimentation qui est dans votre assiette a voyagé 2,500 kilomètres. Tout ce que vous touchez, un camion l'a apporté. Tout va augmenter quand le prix de pétrole va monter, parce ça va coûter plus cher à la société de livraison pour l'apporter. Ceux qui pensent vraiment à l'avenir, voient un avenir dans lequel nous allons être plus autosuffisants, nous aurons des communautés plus autosuffisantes. Vous n'achèterez pas votre alimentation à l'autre bout du monde, vous en stockerez plus.
Le reste du monde doit faire ce que les Russes ont fait. Ils ne font pas confian ce au système, donc chacun, riche ou pauvre, a une dacha (maison de campagne). Si vous êtes un homme pauvre, elle sera à peine plus grande qu'un cabanon, mais contiendra au moins vos outils de jardinage. Chaque année ils font un jardin. Puisqu'ils n'ont pas confiance dans le système, ils ont au moins de la nourriture pour eux, là-bas. Ils la stockent. Ils la mettent dans des caves. Ils font des saumures. Ils la mettent en bocaux. Ils ne la congèlent pas. Si vous ne pouvez pas avoir d'électricité, congeler n'est pas une bonne façon de stocker l'alimentation sur une longue période. Nous devons commencer à faire ça dans ce pays. Les anciens Jardins de la victoire, rappelez-vous les anciens jardins de la victoire? Vous êtes trop jeune pour vous en souvenir. Pendant la deuxième guerre mondiale, chacun avait un jardin de la victoire. C'était très patriotique et chacun aimait y aller. C'était une sorte de compétition - à qui pourrait avoir le jardin de la victoire le plus productif, le plus attirant.
DR : Nous devons changer la culture, il me semble.
RB : Nous devons changer la culture, c'est absolument juste. Nous avons une culture qui dit " plus vous consommez d'énergie, plus vous avez réussi ". Nous devons avoir une culture qui dit " moins vous utilisez d'énergie pour être à l'aise, moins vous êtes dans la consommation, et plus vous devriez vous sentir mieux avec vous-même. "
Nous devons avoir une culture qui a buts entièrement nouveaux. Comme j'ai dit auparavant, nous devons avoir une culture où le succès ne se mesure pas en fonction de l'énergie que vous consommez. Le succès doit se mesurer d'après le minimum d'énergie que vous pouvez consommer tout en vivant confortablement. Je pense à Thorstein Veblen et à sa théorie sur la société des loisirs. Il parle de la consommation d'apparat - les gens riches qui portent des manteaux de fourrure qui n'isolent pas aussi bien que des manteaux de laine. Nous avons beaucoup de consommation tape à l'œil dans ce pays. Nous devons avoir une culture où nous sommes fiers et heureux de vivre bien. À ce propos, les Californiens utilisent environ 40 % d'énergie en moins qu'un américain moyen. Je suis sûr que la plupart des californiens vous diront qu'ils n'ont pas une vie moins satisfaisante que les autres personnes vivant dans ce pays. L'Europe utilise moitié moins d'énergie par personne que nous. Quand vous voyagez en Europe, ils semblent au moins aussi heureux que nous et ils utilisent moitié moins d'énergie que nous. Nous pouvons le faire. Nous avons juste besoin d'un leader qui nous aide à comprendre à quel point c'est important de le faire.
DR : Une chose que j'ai noté, c'est que l'Europe est capable d'utiliser beaucoup moins d'énergie. Cela a un rapport avec les infrastructures, comment leurs villes et leurs transports collectifs sont organisés. Pensez-vous que nous devrons modifier l'organisation de nos villes ?
RB : Cà va être très difficile parce que nous nous sommes déplacés vers la banlieue et nous avons, en quelque sorte, abandonné les villes. Il a des statistiques très intéressantes dans ce pays, qui montrent que nous sommes quelque part entre une culture du Tiers-Monde et une culture la plus technologique du monde. C'est parce que nous avons abandonné le cœur de nos villes. Là bas Ils ont une culture du Tiers-Monde et nous, nous avons déménagé en banlieue. La banlieue est un énorme consommateur de pétrole. Nous n'avons pas de transports collectifs, et où nous les avons, ils sont énormément chers. Le Maryland dépense 40 % de son budget dans le transport collectif, 5 % des gens utilisent ces transports en commun. Dans l'avenir, les gens vont se trouver devant le besoin de faire ce que j'ai fais quand j'étais gosse. Quand j'étais gosse, la plupart des personnes ne conduisaient pas pour aller travailler. Ils marchaient pour aller travailler parce qu'ils habitaient près de leur travail. J'ai marché les deux premières années pour aller à l'école, il n'y avait aucun autobus. Il y avait toutes sortes de petites écoles à moins de 2 kilomètres dans le pays, et on marchait pour aller à l'école. Les meilleures années que je n'ai jamais eues à l'école étaient ces deux années passées dans une petite école avec quelques classes et un seul instituteur. J'ai tellement appris, que quand j'ai changé d'école, après quelque temps on m'a fait passer à la classe supérieure.
DR : Cà va être très difficile pour les gens de devoir marcher pour aller travailler quand vous savez que beaucoup de banlieues sont des zones résidentielles éloignées des zones de travail.
RB : Nous nous trouvons devant le besoin de repenser beaucoup de choses. Ce qui est tragique c'est que nous avons gâché les 25 ans que nous avions pour faire quelque chose, alors que nous savions que cela allait arriver. Aujourd'hui nous devons agir un peu dans l'urgence. Nous devons être très combatifs, plus nous attendons et plus la transition sera douloureuse.
DR : Une dernière question, comment vous êtes vous intéressé au déclin mondial du pétrole et quand était-ce?
RB : J'en ai pris connaissance il y a e nviron 30 ans. J'enseignais alors à l'école. J'enseignais l'anatomie et la physiologie humaine et je donnais aussi un cours de biologie de base. On m'amenait des livres sur mon bureau pour voir si je les utiliserais pour ma classe, en espérant ainsi vendre quelques éditions. Ils m'ont envoyé tous les nouveaux manuels. Je lisais toujours les sujets en relation avec l'environnement et l'énergie. Ce n'est pas que les gens n'aient pas su que cela viendrait. Nous sommes au courant depuis bien longtemps. Je suis très chanceux d'avoir eu un collègue qui est très soucieux de ce sujet. Nous sommes amis depuis 25-30 ans probablement. C'est le docteur John Garnell, c'est un grand, il est très bien informé là dessus. Il n'y a aucune autre combinaison au Congrès où vous trouvez un député intéressé par çà, aidé d'un conseiller qui est bien informé et a une formation sur le sujet. Nous avons une position assez unique et nous essayons d'exploiter cette position pour être utiles à notre pays et essayer d'informer. Avant j'ét ais un enseignant, mais aujourd'hui c'est le genre de fonction que nous avons. C'est une sorte d'enseignement aussi et c'est amusant. Vous avez un auditoire au loin et je ne peux pas les voir (un million et demi de personnes), mais j'ai l'habitude d'enseigner et c'est une question d'instruction. Je crois que la répétition est le fondement de l'étude, donc cela ne m'ennuie pas de dire la même chose, de façon différente, à maintes reprises. J'ai des étudiants qui ont eu des difficultés sur quelques concepts, mais les garçons qui les revoient assez souvent, petit à petit ont leur visage qui s'illumine quand ils ont compris. Nous essayons de faire ça pour notre peuple.
David Room : C'est très louable. Nous vous remercions beaucoup pour cette entrevue.
Roscoe Bartlett : Un grand merci. Merci pour votre aide à diffuser cette information.
Cette page fait partie des entrevues : Le membre du congrès américain, Roscoe Bartlett parle de ses discours sur le pic de production pétrolière. 27 mars 2005, pétrole , politique.
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